Devenir artisan d’art

Ciseau à bois

Le parcours de la reconversion professionnelle

Nombreuses sont les personnes qui après avoir passé 10, 15 ou même plus de 20 ans assises derrière un bureau aspirent à une nouvelle vie. Beaucoup, souhaitent changer de vie, retourner à leurs premiers amours, travailler la matière première et surtout créer quelque chose.

Après tout, quoi de plus frustrant que de ne pas voir le résultat de notre travail ?

Suite à de tels constats de nombreux cadres ou autres personnels de bureau se tournent vers la voie de la reconversion professionnelle.

Se reconvertir oui, mais dans quel domaine ? L’artisanat est une voie qui fait les yeux doux à beaucoup de personnes, mais qui ne semble pas nécessairement accessible.

 

Comment devenir artisan d’art ? Quels sont les dispositifs mis à notre disposition pour une reconversion professionnelle ?

Chez Chutes UP ! Toutes ces questions se sont posées avant de se lancer dans l’aventure. C’est une réflexion de près de deux ans et des recherches toutes aussi longues. Alors si vous hésitez à vous lancer voici un petit article qui pourra peut-être vous aider.

Brève définition de l’artisanat d’art

Nous avons une définition bien précise de l’artisanat d’art dans la loi française que l’on trouve à l’article 22 de la loi n°2014-626 du 18 juin 2014 où il y est écrit :

«Relèvent des métiers d’art, […] les personnes […] qui exercent, à titre principal ou secondaire, une activité indépendante de production, de création, de transformation ou de reconstitution, de réparation et de restauration du patrimoine, caractérisée par la maîtrise de gestes et de techniques en vue du travail de la matière et nécessitant un apport artistique. »

L’artisanat c’est donc dans un premier temps une création, transformation, d’une matière première en un produit fini. Ceci faisant appel à des savoirs et gestes spécifiques et de façon non industrielle.

L’artisanat d’art « nécessite » un apport artistique… C’est un peu flou on vous l’accorde, connaissant la dimension totalement subjective de l’art…

Un artisan d’art c’est un ébéniste, un joaillier, un céramiste, un tapissier, un encadreur, un graveur sur pierre, un verrier etc. Pour savoir si l’un des métiers qui vous intéresse est officiellement reconnu comme artisanat d’art vous pouvez vous diriger vers ce document qui vous propose une liste complète et triée par domaine : https://www.institut-metiersdart.org/sites/default/files/livret-definitions-metiers-dart_0.pdf

Donc pour être artisan, comme vous pouvez le voir dans la définition donnée plus haut, il faut acquérir certains savoirs et connaître certains gestes. Cela n’est pas inné chez la plupart d’entre nous et nous avons donc besoin d’apprendre et pour se faire passer par une formation.

Comment me reconvertir ?

On a parfois tendance à se dire qu’en France on ne nous propose pas assez d’opportunités pour se réaliser soi-même. Pourtant si !

Avant de lancer Chutes UP ! Et d’entamer ma reconversion professionnelle je ne savais pas du tout comment je devais faire.

Je vous propose de découvrir ici trois dispositifs qui pourront vous aider à entamer votre reconversion professionnelle.

Le compte personnel de formation

Je me suis alors intéressée à mon compte personnel de formation. Nous possédons tous ce compte.

La première étape est d’aller sur le site www.moncompteactivite.gouv.fr et de vous connecter afin de voir combien vous avez cotisé durant ces dernières années et de combien vous disposez de budget pour une des formations disponibles.

Mon compte était plein, je me suis précipitée sur la liste des formations et ai trouvé quelques formations, peu, dans le domaine du bois et de la restauration de mobilier. La joie passée d’avoir trouvé des formations dans le domaine qui m’intéressait, j’ai réalisé que celles-ci ne me permettaient pas d’être diplômée d’état. Cependant, j’avais porté mon choix sur l’une d’entre elles. Par contre il fallait tout de même que je puisse me former pendant deux ans et que je sorte de ma poche près de 10000 €. Ce qui n’est pas donné à tout le monde !

Je ne me suis donc pas arrêtée à ces recherches.

FONGECIF

Il existe aussi les Fonds de Gestion des Congés Individuels de Formation (FONGECIF). Ce système est intéressant suivant dans quelle entreprise vous travaillez et si vous souhaitez vous assurer de garder votre travail à la fin de la formation.

Vous trouvez les FONGECIF partout en France, il vous suffit de les contacter afin de leur faire part de votre intérêt pour une formation. Cette méthode est idéale si vous craignez de ne pas oser lancer votre entreprise au lendemain de votre formation par exemple.

Cependant, le FONGECIF porte bien son nom et est avant tout un porte-feuille et ne vous accompagne pas durant votre formation. Par contre vous bénéficiez de vos congés payés et avez la garantie de retrouver votre poste une fois la formation finie.

 

Aide régionale

Pour ma part j’ai quitté mon travail avant d’avoir trouvé ma formation et de m’y être engagée. C’est en m’inscrivant à pôle emploi que j’ai trouvé la solution pour laquelle j’ai optée.

En effet, lors de votre premier rendez-vous Pôle Emploi on vous demande ce que vous souhaitez faire. J’ai donc fait savoir que je voulais me reconvertir et devenir ébéniste. J’ai justifié ce choix de façon concrète et raisonnée. J’ai expliqué que je n’étais pas convaincue par les formations disponibles que j’avais vues. On m’a alors parlé du GRETA et de la région Grand Est.

Le GRETA est une structure que l’on retrouve dans toutes les régions de France. C’est une structure de l‘éducation nationale, qui permet aux adultes de se former à un grand nombre de métiers allant du CAP au BTS. Le GRETA organise des réunions d’informations sur certaines formations et certains domaines de métiers.

L’idéal est alors de les contacter et de leur faire savoir votre intérêt afin de vous inscrire à ces réunions. De cette façon vous entrer dans la boucle de la reconversion que vous souhaitez entamer. Malgré tout ces formations ont un coût, or nous ne pouvons pas tous nous permettre de les payer de note poche. C’est ici qu’entre en jeu votre région.

Pour ma part c’est la région Grand Est et son pôle métiers d’art qui est très actif et efficace qui proposait un processus de formation qualifiante en ébénisterie. Ainsi, il est possible de leur demander un financement.

Pour ma reconversion professionnelle le processus fut le suivant, prise de contact, participation à la réunion d’information, remise d’un dossier de candidature et passage devant un jury. Ainsi, la région, analyse votre projet professionnel et si cela lui semble concret et encourageant elle vous financera votre formation.

Le petit plus ? Si vous êtes inscrit à Pôle emploi vous pouvez demander à faire des stages conventionnés, cela vous permettra de confirmer votre intérêt pour le métier en question et montrera votre motivation auprès des décisionnaires.

L’avantage si vous avez un dispositif métiers d’art aussi efficace que celui de la région grand Est, c’est que votre région ne se contentera pas de vous financer votre formation, mais va vous accompagner tout du long. Elle vous permettra de participer à des événements de rencontrer des artisans et futurs artisans, mais aussi vous informera sur des éléments clefs pour votre avenir tels que la créations d’entreprise, comment vendre ses créations et tant d’autres choses.

Voici trois possibilités qui s’offrent à tous ceux qui souhaitent se reconvertir et changer de carrière professionnelle. Si vous voulez devenir artisan d’art, la France est très attachée à ces corps de métiers et il ne faut surtout pas hésiter à vous faire connaître auprès des organismes et de votre région qui pourront vous guider et vous apporter du soutien.

Pour ma part la Région Grand Est fut véritablement un parent dans ma démarche, son équipe est réellement impliquée et nous ouvre des portes en plus de financer des projets et de permettre la réalisation de nos objectifs.

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